Lycée : un semblant de réforme

Publié le par DocDocDoc

Le mardi 13 octobre 2009, Nicolas Sarkozy a présenté à l’Élysée la nouvelle réforme du lycée, après celle de 2008 qui avait dû être abandonnée à cause des mouvements de contestation. La proposition de réforme s’inspire largement du rapport Descoings, et va maintenant faire l’objet de concertations entre Luc Chatel, le ministre de l’Éducation nationale, et les syndicats.

Voici les principaux axes de la réforme annoncée hier :

- l'orientation : elle doit être progressive et réversible.
Le redoublement doit devenir une "exception". Pour cela, des stages de remise à niveau pourront être organisés pour accompagner les élèves qui changent de cursus (stages passerelle offrant le complément de programme pour changer de filière).
Parallèlement le ministère développera les plateformes multimédia d'information sur l'orientation.
Tous les lycées devront développer des liens avec le supérieur et les entreprises. Chacun offrira une banque de stages en entreprises. Les services partagés d'enseignement entre supérieur et lycée seront encouragés ainsi que les stages d'enseignants en entreprise.

- Rééquilibrage des filières :

La réforme a pour objectif de rééquilibrer les effectifs dans les différentes filières et sauver la série L (littéraire). Cette dernière devrait devenir plus internationale en proposant un enseignement approfondi du français, mais aussi des langues et des civilisations étrangères. Un enseignement du droit pourrait aussi faire son apparition dans le programme de la série ainsi qu'un enseignement culturel et artistique ouvrant sur les métiers des loisirs.
Par ailleurs, la série STI (Sciences et technologies industrielles) devrait être revalorisée et un « parcours » débouchant sur les métiers d’ingénieurs et de techniciens sera mis en place. Des places seront réservées aux élèves de cette filière en IUT et en BTS, et des classes préparatoires aux écoles d’ingénieurs réservées pour eux seront créées.

- Un accompagnement personnalisé :
De la Seconde à la Terminale, les élèves se verront imposer deux heures hebdomadaires d’accompagnement personnalisé. Ces deux heures permettront de combler des lacunes, donner des méthodes de travail, etc.

- Plan d'urgence pour les langues :

Les épreuves du bac seront réformées pour laisser plus de place à l'oral.
L’objectif ambitieux est de rendre les élèves bilingues, voire trilingues à la fin de la Terminale. Pour cela, l’enseignement des langues devrait être renforcé avec les visio-conférences, des échanges avec des lycées étrangers, un nombre plus important d’assistants étrangers, mais aussi des enseignements dispensés en langues étrangères.

- L'histoire des arts :

L’accès à la culture devrait être renforcé. Nicolas Sarkozy a demandé à France Télévisions de développer une plate-forme vidéo en ligne proposant les grandes œuvres cinématographiques.
Un enseignement transversal d'histoire des arts sera introduit au lycée grâce à une réforme des programmes de français, histoire et sciences. Il sera évalué au bac. Chaque lycée devra avoir un partenariat avec un établissement culturel local et devra nommer un enseignant "référent culture".

- Vers plus d'autonomie :
L'engagement associatif ou dans l'établissement des élèves sera reconnu dans le livret de compétences. Ce sera un "plus" pour l'accès à l'enseignement supérieur. L'âge légal de prise de responsabilité associative sera abaissé de 18 à 16 ans. Les élèves seront associés à la gestion de la cantine et des espaces des établissements.

La réforme finale du lycée devrait être annoncée d’ici la fin de l’année 2009, après les consultations entreprises par Luc Chatel avec les différents syndicats de l’Éducation. Elle sera effective dès la rentrée 2010. Les réformes concernant les classes de premières prendront effet en 2011 et celles concernant les Terminales en 2012.

- Vers un nouveau lycée en 2010 sur le site du Ministère de l'éducation nationale
- Présentation vidéo de la réforme par Luc Chatel



Le café pédagogique de ce matin (mercredi 14 octobre) revient sur cette réforme et en dresse un bilan en demi-teinte. Ainsi, pour de nombreux syndicats et enseignants, il s'agit d'une mini-réformette qui n'est pas à la hauteur de la réalité actuelle des lycées.
Dans une interview, Philippe Meirieu déclare : "On n'a pas de réforme. On a un lifting du lycée et la mise en place de quelques prothèses"
"Finalement, avec un texte aussi limité, N Sarkozy enterre la réforme des lycées. Il aura fallu deux années de détermination gouvernementale, de négociations, de crises pour aboutir à un texte aussi modeste, qui ne retient du rapport Descoings que les mesures les plus limitées. Pour un moment encore, le local sera plus beau que le national."


Encore une fois, il apparaît difficile de faire bouger les choses et de parvenir à un véritable changement. On voit bien ici que le président de la République a pris des gants (des mouffles même) pour éviter toute contestation mais ce qui ressort de ces deux ans de consultation c'est une impossibilité à réformer le lycée français pour en faire un lycée démocratique !

- Lire le café pédagogique du mercredi 14 octobre

Publié dans Education

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